Présentation
Alexandre JOLLIEN

« Les handicapés sont pour beaucoup des boulets, des charges pour la société. J’ai expérimenté le contraire. Les soi-disant boulets, les soi-disant légumes ont été mes maîtres. »

Un auteur : Victime d’un accident de naissance, Alexandre Jollien parle avec difficulté et se déplace au ralenti. Il a vécu 17 ans en institution, il en est sorti à l’âge de 20 ans. Depuis ce jour, Alexandre Jollien doit affronter quotidiennement des regards gênants et des jugements embarrassants. Le culte que rend le monde dit normal à la puissance et à la réussite est à l’exact opposé du périlleux combat dont, tous les jours, il donne le joyeux spectacle.
L’aumônier de l’internat de l’institution spécialisée dans laquelle il résidait , le père Morand, a joué un rôle déterminant dans la vie d’homme d’Alexandre Jollien. Il l’a initié à la philosophie. Il lui a fait comprendre qu’elle pouvait l’aider à se construire, il a réveillé en lui des capacités insoupçonnées.
Très vite, Alexandre Jollien découvre que la philosophie (qui est un exercice de lucidité) nous fait goûter aux joies de la vie, que la disposition à l’étonnement et au doute sont indispensables pour se tenir en joie, et qu’en vertu de l’amitié et de la volonté de savoir il n’y a aucun écart réducteur entre les êtres humains mais exactement la même part d’humanité et de joie. Très vite, grâce à la philosophie, il passe d’une logique de guerre à une logique de paix, faire la paix, en somme, en lui-même et avec lui-même, première démarche de l’acceptation. Alexandre sait qu’il n’est pas né pour endurer la souffrance ou la pitié, il chasse toute sollicitude ou condescendance à son égard.
Il est entré en guerre dans le seul but de s’affranchir de l’étiquette d’anormal qui lui colle à la peau, et cela en cultivant sa radicale singularité. Il devine alors qu’ il est possible de retourner son destin, possible malgré le handicap de bâtir une singularité, une famille et, plus inattendu encore, une oeuvre de philosophe.
D’un mal peut sortir un bien, et la confiance en la vie consiste à accepter de ne pas savoir ce qui est bon ou mauvais pour nous, mais de se placer dans la nécessité et le désir singulier d’être homme. Et sans acceptation de ce qu’il est, Alexandre Jollien n’aurait eu aucune chance, car la chance n’est pas une faveur de la fortune, mais elle réside tout entière dans l’aptitude à recevoir le peu qui nous est donné.

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 La joie au travail…
video.

La conférence d’Alexandre Jollien lors de la 3ème édition des (im)pertinents organisée en partenariat avec L’Express et Philosophies.tv. le 4 décembre 2012.